Tourments D’amour

C’est aux Saintes où elle a « de merveilleux souvenirs d’enfance » que Caroline Jules a tourné Tourments d’amour.

Le film a reçu le Best Foreign Feature Award au Golden Hollywood Film Festival.

Texte Guillaume Robillard

L’une des originalités de votre film est qu’il se déroule aux Saintes, où les tournages sont extrêmement rares…

Mon père est originaire des Saintes et j’ai de merveilleux souvenirs d’enfance là-bas. Je tenais à placer mes personnages « sous cloche », sans échappatoire possible. Cette île minuscule où l’accès n’est possible que par bateau ou avion, était idéal.

Le personnage de Vanessa, n’a pas cette facilité de s’enfuir en voiture comme cela aurait pu être le cas ailleurs en Guadeloupe, elle doit attendre la prochaine navette. Elle est donc prisonnière et le drame peut commencer.

Un drame sur une île si belle et si calme, ça m’a inspirée !

Une autre originalité de votre film est la place centrale du père quand il est souvent absent dans le cinéma antillais. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Effectivement, le père est souvent traité par son absence dans le cinéma antillais. J’avais envie ici de parler de cette absence paternelle, par une présence ratée, pesante, difficile. Les fondations, en apparence solide, des deux héroïnes s’effondrent face à la figure paternelle.

Ici, c’est donc la mère qui brille par son absence. Si elle est évoquée une fois, on ne la voit pas à l’image. C’était un choix dès le départ, car rien ne devait dévier les personnages de ce triangle dramatique.

Selon Euzhan Palcy, le fait d’être une femme lui donne un regard différent qui transpire dans ses films. Que pensez-vous que les femmes réalisatrices, très rares dans le cinéma antillais, puissent apporter d’original ?

Je préfère parler de personnalités plutôt que de faire une distinction hommes/femmes. Tout est question de sensibilité, de ressentis, de partis-pris.

Mais peut-être pourrions-nous dire qu’à l’heure actuelle, les réalisatrices antillaises offrent sans doute à notre cinéma plus de rôles féminins forts. La femme apporte une dimension supplémentaire à ce que nous donnons à voir de la société antillaise.

FB @tourmentsdamour

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