Trois roses dans les cheveux et les jupons entrent en scène. Jussandra Sobreira, chorégraphe et danseuse professionnelle d’origine brésilienne, a laissé place à son autre.
Texte Coralie Custos Quatreville – Photos Ronan Liétar

Le spectacle Les deux Fridas
Sous les yeux des spectateurs, Les deux Fridas se rencontrent. Et pour un peu, qu’on perde de vue la première, l’espace de quelques secondes, la peintre à La colonne brisée est dans la pièce. Mieux, elle danse – et sur des airs de tango – Madame !
Jussandra Sobreira dont les yeux se perdent, retombe en enfance Lago do Junco- Maranhão.
Pendant qu’elle danse, il y a encore le salon où sa mère et sa grand-mère, chantonnent la bossa nova et les airs du dehors. Il y a la samba qui résonne en secret, lorsque les cours du conservatoire sont finis. Il y a les danses contemporaines qui animent la ville et progressivement, en tutu blanc, à force d’entrainements, c’est son corps qui s’étire.

Le parcours de Jussandra Sobreira
Après l’École de ballet Helly Batista, il y aura la compagnie Cie. Equilibrio, cie. Là, elle apprend la puissance du mouvement, la rigueur et les lignes aux côtés de Valdemar Santos, Elizabeth Batalli, Luzia Amelia, Helly Batista Junior.
Et puis, il y a neuf ans, grand écart. De l’autre côté de l’Amazonie, kaséko, béliya, amougué, sanpula l’accueillent à bras ouvert.
Ici, en Guyane, elle enseigne, elle monte sur scène avec Le Coin de la Danse. Et dans la pénombre, éclairée par une lumière bleu saphir, elle redonne naissance à son double. Frida.