Les rêveries de Nina Allan Poe

Elle a le regard qui s’affine à chaque rencontre, à chaque personnage qui prend vie. Nina Allan Poe est une artiste guyanaise multi-supports qui rend tangible les contours de la poésie. – Texte Coralie Custos Quatreville – Photo Thebias Boris 

Vous avez évolué dans un monde très éloigné des influences artistiques. Mais votre talent s’est vite exprimé. D’où est-il né ? 

Je n’ai, c’est vrai, jamais côtoyé d’artistes. Je me rappelle, néanmoins, de jeux d’enfants très créatifs. Nous avions toujours quelque chose dans les mains pour bricoler.

« J’ai toujours ressenti ce besoin de raconter des histoires et c’est ainsi que je me suis mise à tenir un petit cahier d’histoires illustrées. »

En grandissant, j’ai suivi un schéma scolaire classique, à prédominance scientifique. En Terminale, j’ai vite abandonné l’idée de tenter les Beaux-Arts, par manque de moyens et d’ambitions claires. En 7 ans, diplôme en poche, j’ai exercé en tant que diététicienne-nutritionniste principalement en milieu hospitalier.

Mais très vite, j’ai ressenti le besoin d’écrire, le besoin de m’exprimer. J’ai mis en scène mes « petites historiettes à rêver ». Un très bon collègue et ami de l’hôpital m’a d’ailleurs poussée, en 2017, à présenter mes travaux au festival « La Toile des Palmistes ».

Avec les encouragements de Sergine Boutrin, j’ai continué à manier différents mediums artistiques (peintures, dessins, photographies…) et j’ai fait sporadiquement des petites expositions pour financer l’achat de matériel.

En 2019, j’ai décidé de quitter mon poste à l’hôpital pour lancer ma carrière artistique. Ma rencontre avec Yvette Legoff, art-thérapeute y est pour beaucoup. C’est ainsi que tout a commencé. Je remercie également Léonard Brossard qui m’a poussé à y croire.

Aujourd’hui, vos travaux sont des compositions qui juxtaposent plusieurs regards car vous travaillez avec beaucoup d’autres artistes, notamment photographes. 

Oui, en effet. Ce sont les rencontres qui ont stimulé le développement de ma créativité. Je travaille autour de la création de personnages. Sur ce volet, j’ai le plaisir d’être entourée des artistes et photographes professionnels Mathieu Delmer, Mirtho Linguet et Léonard Brossard qui m’accompagnent et m’encouragent dans la valorisation de mon travail.

« Dans mes travaux personnels, je ne cherche pas obligatoirement à intellectualiser ma démarche. C’est un peu comme de l’écriture automatique, je déroule un fil créatif à partir d’un objet. »

Ce que je recherche, c’est à pousser ma créativité en effectuant ma propre recherche esthétique. Je ne me donne pas d’autre ligne de conduite que la quête esthétique et je donne libre champs aux spectateurs de développer leur imaginaire à partir de ce que je leur montre, ni plus, ni moins.

Aujourd’hui j’interviens dans le domaine du cinéma, en tant que décoratrice-costumière ou directrice artistique. Je suis très heureuse car malgré le contexte géo-sanitaire, j’ai eu la chance de collaborer avec Mathieu Delmer et Bernard Bosc sur des compositions photographiques que je présenterai prochainement dans mon book finalisé.

Je continue à réaliser des performances artistiques au Muzé du ninport’koi à Cayenne. Lorsque l’on me demande de définir mon travail, je me dis juste que j’explore des tableaux imaginaires mettant en scène des gens ou des objets interagissant entre eux. L’art, pour moi, c’est cette liberté.

Je souhaite me diriger vers des études de scénographie. Du côté de mes actualités, j’ai organisé avec le photographe professionnel Mathieu Delmer, un workshop créatif à destination des adultes photographes et dessinateurs, le 19 septembre au Royal Amazonia, en partenariat avec les Hôtels Mercure, PhotoWalk Guyane et Ikonz Models Agency. 

Instagram @nina_allan_poe

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.