Sneakers addict

Francky Gob est collectionneur de sneakers et fondateur de SoBe, une plateforme de revente de sneakers. Avec Max Limol, le spécialiste de la culture sneakers en Europe, il organise la1ère édition du Sneakers Museum qui se tiendra en Guadeloupe du 6 au 8 novembre. – Texte Willy Gassion – Photo Lou Denim

Sa réputation le précède. Avant de se saluer : un tchek, Covid oblige, on regarde ses pompes, et on n’est pas déçus. Ce jour-là, un vendredi (et cela a toute son importance) jour de notre rendez-vous, Francky Gob portait une paire de Louis Vuitton en plastique inspirée des mikas de notre enfance.

Sur son t-shirt noir, on reconnait les traits d’un des personnages de Jean-Michel Basquiat coiffé d’une couronne jaune; son pantalon, un compromis entre un bas de jogging et un sarouel complète le look.

“Le vendredi, on est dans un mind plus cool, on est en mode casual”, commente le passionné de sneakers.

Tout a commencé à l’adolescence

Francky Gob collectionne les sneakers comme d’autres collectionnent les billes ou les timbres. Tout a commencé à l’adolescence quand il découvre, médusé d’admiration, les nouvelles paires de sneakers de ses camarades de jeu.

“J’habitais à Lauricisque, je voyais des camarades de classe qui portaient des baskets que mes parents ne pouvaient pas m’offrir, ils revenaient de Miami ou de Paris où ils avaient passé leurs vacances.”

“Le survêtement était facile à avoir mais la paire de sneakers, non seulement tu ne pouvais pas te l’offrir parce que tu n’avais pas les moyens, mais en plus elles n’étaient même pas vendues en Guadeloupe.”

“La sneaker c’était un peu la référence au niveau social. A l’époque la réussite sportive c’était Michael Jordan et Run DMC en musique, ils avaient en commun de porter des sneakers.”, se souvient Francky Gob.

Franky Gob

Ce n’est pas que de la mode”

Faire sauter les verrous

Dès lors l’adolescent puis l’étudiant voient en la sneaker, un moteur, un moyen “de faire sauter les verrous” et d’échapper au déterminisme social. “Juste après mes études d’ingénieur quand j’ai commencé à travailler, je me suis acheté une paire de Jordan 6 Infrafred, je les ai encore.”

C’est à travers la sneaker que Francky Gob trouvera sa voie, le chemin qu’il se destine “fait de dépassement de soi”.

Il est aujourd’hui consultant en business development à Miami, IT Consulting pour les banques et entreprises en France et aux Antilles. Et c’est aussi à Miami qu’il fonde SoBe Footwear une plateforme de revente de sneakers.

Francky Gob en est convaincu, “les sneakers, ce n’est pas que de la mode.” Elles définissent ceux qui les portent en même temps qu’elles symbolisent l’état d’esprit. “Quand Michael Jordan a repris la compétition, après la mort de son père, il a sorti la Jordan 10 I’m back pour signifier son état d’esprit combatif, il a gagné de nouveaux titres.”

Franky Gob - SoBe Footwear

La Guadeloupe, grâce à ses champions, a contribué à l’histoire de la sneaker”

Le symbole du vivre ensemble

Parce qu’il voit en la sneaker un symbole du vivre ensemble, “la communauté sneaker efface l’origine, la religion”, et un moyen de transmettre la culture, “avec la connaissance et les arts, tu peux decider de ta vie”, Francky Gob va oganiser avec Max Limol, LE spécialiste de la culture sneakers en Europe, la 1ère edition du Sneakers Museum, un musée éphémère dédié aux sneakers.

“Le but de cette exposition de 3 jours, qui se tiendra en novembre, est de parler de la sneaker sur les plans historique, de la mode et de l’investissement.”

Oui, l’investissement ! Car comme pour l’immobilier ou l’art, il existe un marché de la sneaker, et vos sneakers, qu’elles soient neuves ou d’occasion, peuvent prendre de la valeur selon leur taille et leur état.

“Petite par la taille mais grande par ses talents”, la Guadeloupe grâce à ses champions sportifs, a contribué à l’histoire de la sneaker.

“Mike Petrus est le 1er non américain sponsorisé par la marque Jordan Brand, Peak lui a conçu une paire de baskets avec la carte de la Guadeloupe reproduite sur la semelle intérieure. Valère Lamy a créé la basket à 3 qui a été exportée à Los Angeles. Avant eux Roger Bambuck a été l’ambassadeur de PONY. Plus récemment, Herbby un collectionneur guadeloupéen de sneakers a cocréé avec Nike une Air Max en madras.”

Nous ne pouvions pas le laisser partir ainsi, la question nous a taraudés tout au long de l’entretien. 300 ! Francky Gob possède 300 paires de sneakers.

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