Peut-on numériser le spectacle vivant ? Réponses de l’Artchipel en Guadeloupe

Même si l’offre numérique de l’Artchipel Scène nationale de la Guadeloupe s’est développée pendant le confinement et a attiré un nouveau public, Gérard Poumaroux, son directeur général, reconnait que le digital n’est pas adapté au spectacle vivant qui prend toute sa mesure dans une salle de spectacle. – Texte Willy Gassion

Quelle a été l’offre numérique culturelle de l’Artchipel au cours de la saison 2019/2020 ? 

Gérard Poumaroux : L’Artchipel étant une structure pluridisciplinaire dans le spectacle vivant, l’offre numérique n’est pas centrale dans nos propositions sinon dans la rediffusion de spectacle sur notre site et nos réseaux sociaux. En matière de création et de diffusion, l’activité numérique n’était pas jusqu’ici au centre de notre pratique. 

« L’offre numérique de L’Artchipel est post et pré-spectacle, elle s’adresse surtout aux personnes qui n’ont pas pu assister à nos spectacles. »

Y a-t-il eu une offre numérique spécifique pendant le confinement ? 

Pendant le confinement, l’offre numérique de L’Artchipel s’est développée, nous avons mis en place ce que nous avons appelé des Ti Kozé avec des artistes. Il s’agissait de rencontres, de discussions autour de la création et de l’état d’esprit des artistes.

Nous avons aussi, et c’était une véritable prouesse, organisé un petit festival numérique qui consistait en la diffusion de spectacles comme celui de Yung Faï qui a présenté en live depuis Maubeuge une adaptation numérique de sa création. 

L’Artchipel a aussi proposé une soirée contes avec Fayo, Edgard Féus de Kont A kaz et K Li K. La Compagnie Mille étoiles a proposé une version numérisée de sa création. La plasticienne Anaïs Verspan était en permanence avec nous dans les échanges avec les artistes pendant les diffusions de spectacle.

Ce qu’il y a eu d’intéressant, c’est qu’on a fait découvrir les coulisses de la gestion des structures culturelles puisque j’ai invité Manuel Césaire, directeur de la Scène nationale de la Martinique et Hassane Kouyaté directeur du Festival des Francophonies en Limousin.

L’équipe des relations publiques s’est mobilisée pour la bonne tenue de ces manifestations, les diffusions étaient de grande qualité grâce à la compétence de Thyeks notre technicien. Nous avons eu des pics à plus de 1000 vues pour certaines diffusions.

Gérard Poumaroux, directeur de l'Artchipel Scène Nationale de Guadeloupe
Gérard Poumaroux © Pierre de Champs

« Ce qui nous satisfait c’est que cette programmation numérique nous a permis de gagner un public qui jusqu’ici ne venait pas à L’Artchipel. »

Si la crise sanitaire demeure, que les salles de spectacle ne rouvrent pas, L’Artchipel Scène nationale de la Guadeloupe envisage-t-elle une programmation 100% numérique ? 

Pour nous ce n’est pas envisageable puisqu’on fait du spectacle vivant, on ne peut pas imaginer une société sans spectacle vivant. Le numérique nous a permis d’être présents pendant cette période, mais ce dispositif ne peut pas servir le spectacle vivant.

Il manquera toujours le public, les techniciens et tout ce qui constitue la vie d’un théâtre. Le numérique ne nous permet pas de mettre tout cela en œuvre.

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